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Monsters in the Dark [Avis]
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Kallen Galloway

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Kallen Galloway
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Kallen Galloway

Mar 7 Juin - 3:30

Monsters in the Dark
Son dos s’enfonce contre le tronc. Il essaie de contracter ses épaules pour contracter sa silhouette autant que possible derrière l’arbre. Son pouls rapide lui étrangle la gorge, il peine à respirer et retrouver un peu d’oxygène après sa course effrénée. Quelques gouttes de sueur perlent sur son front, mais il n’ose pas bouger pour les essuyer. Son regard se lève vers le ciel, vide du moindre oiseau. La forêt entière s’est tue et Kallen n’entend plus que le rythme affolé du cœur dans sa poitrine. Faites qu’il l’ait semé. Il ferme les yeux pour prier n’importe quelle force à l’écoute et les rouvre brutalement au son d’un craquement derrière lui.

Non.
Non, non, non.

Le souffle lourd et sauvage de la bête le pousse à retenir sa respiration. De sa cachette, Kallen sent un frisson dégringoler de sa nuque. L’odeur va le mener jusqu’à lui, sa seule chance est de courir. Fuir le plus rapidement que ses jambes le lui permettent. Lentement, il compte jusqu’à trois et s’élance sans se retourner. Les feuilles mortes volent sous ses pieds et l’ours se redresse pour le talonner. Kallen sprinte et pousse ses jambes à leur limite. Sa vision diminue avec la nuit tombante, la végétation lui fouette le visage et ses muscles se fatiguent, mais il ne peut pas s’arrêter. Il doit continuer jusqu’à le semer ou trouver refuge. Si seulement il en avait la force… Ses réserves l’abandonnent et son corps chute au ralenti. Il s’effondre à genoux dans la terre qui se met à trembler. Le monstre arrive.

Son visage de quatorze-ans se retourne à temps pour voir une patte énorme et touffue s’abattre sur lui. Il hurle, pourtant aucun son ne sort de sa gorge. La douleur est sourde. L’ours grogne, le jette sur le côté et Kallen tente de ramper. L’animal l’écrase alors de tout son poids et il n’arrive plus à respirer. Ses côtes se broient sous la pression, il est coincé. Pris au piège. Il suffoque. Le vent se lève, mais il ne le sent pas. Il n’y a plus que l’ours et lui, et bientôt il n’en restera plus qu’un des deux.

Kallen se réveille en sueur dans son lit, se battant avec les draps entortillés autour de lui. Il met quelques secondes à assimiler la réalité et comprendre qu’il a fait un cauchemar. Toujours le même. Les détails varient d’une fois à l’autre, ravivant sans cesse le souvenir qu’il essaie de repousser, mais pas d’oublier. Il sait qu’il doit vivre avec, il aimerait juste éviter d’y penser pendant un temps. Dans un soupir, il se passe une main sur le visage et sort des couvertures pour s’asseoir un instant. Laisser une minute à son cœur pour se calmer, puis se lever et marcher jusqu’à la salle de bain. Il y boit un verre d’eau, croise son reflet dans la glace et soutient son propre regard. Ses yeux s’attardent sur les cicatrices et son image lui renvoie un froncement de sourcils auquel il se soustrait en ouvrant l’armoire pour y attraper un contenant de médicaments qu’il fixe. Ça l’énerve, il sent l’irritation monter et balance les antidépresseurs au sol d’un coup sec.

-Fuck.

Il pose ses mains sur l’évier pour se reprendre, mais rien n’y fait. Il a besoin d’air. D’évacuer. Alors Kallen retourne dans sa chambre, enfile un jean, un t-shirt et sa veste en jean. Il ne trouve pas son écharpe alors il sort sans, à pieds, les mains dans les poches. Tant pis si c’est le milieu de la nuit, ou tant mieux plutôt, il ne veut parler à personne. Il veut seulement se vider la tête et marcher jusqu’à se changer le mal de place. Il ne sait pas où il veut aller et il s’en fiche, il prend une direction au hasard et la suit d’un pas rapide, une cigarette sortie d’un geste nerveux jusqu’à ses lèvres. Il l’allume et laisse ses jambes avaler de la distance.

Mais la nuit c’est si différent. T’es seul avec tes pensées et il n’y a personne pour te déranger. Et le chant des vagues étouffe ceux de la ville, on se croirait presque dans un monde différent. Tu peux hurler si t’es en colère, tu peux pleurer si tu te sens mal, tu peux rire à gorge déployée…

La plage. Avis lui en avait parlé le mois dernier, ça pourrait être une idée. Sur le trottoir, ses pieds s’arrêtent et il se repère pour emprunter le bon chemin. Quand il y arrive et entend le bruit des vagues au loin, il presse le pas et fonce par accident sur deux filles en tournant le coin. L’une d’elle se braque et lui dit de regarder où il va, mais Kallen ne répond pas. Il file tout droit vers le lac, avance dans le sable et se stoppe juste devant l’eau. Avis a raison, s’il ne se savait pas en plein cœur d’une métropole, il pourrait se croire seul sur une île déserte, mais que doit-il faire maintenant, crier ?

Il hésite, baisse les yeux sur les allers et retours de la houle vers la pointe de ses chaussures, puis sur la masse de nuages gris obstruant le ciel. Il tente un premier cri qui résonne à peine et se sent idiot. C’est stupide, qu’essaie-t-il de faire au milieu de la nuit, chasser ses démons ? Il n’a jamais rien demandé de tout ça. Kallen serre les poings. Il n'a pas eu le choix. Les plus grandes décisions de sa vie, on les a prises sans lui. Il inspire un bon coup et crie plus fort. La frustration lui remonte l'œsophage et enflamme ses cordes vocales. Sa voix porte et il sourit, recommence et le son vient de plus loin encore. Il va le chercher jusque dans ses tripes, il s'époumone, s’enfonce même dans l’eau malgré le mois de mars. Il injurie le ciel, Dieu, n’importe qui là-haut, il crache ce qu’il a sur le cœur, donne des coups dans l’eau. Une folle sensation de libération l’étreint et lui retire soudain un poids immense sur les épaules.

Kallen se sent léger, mais c’est aussi à ce moment-là qu’il réalise avoir ouvert une valve qu’il n’arrive plus à fermer, et des larmes se mettent à couler sur ses joues. Ce n’est plus du soulagement qu’il ressent à présent, c’est de la rage. De la peine. La douleur de toutes ces émotions enfermées en lui. Toutes ces choses qu’il ne dit pas et qui lui font mal. Alors il hurle son âme comme le froid lui mord la peau, mais rien n’aura la sienne en dehors de sa volonté, ça il se le jure. Ses pieds touchent le fond, il se tient droit, debout. Vivant. Déchaîné.

Avis Green

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Mar 7 Juin - 12:00
“Avis.” La voix perce au fin fond de ses rêves comme un écho perturbateur. “Avis, putain, réveille-toi.” Avis s’accroche aux bribes de ce songe qui s’évapore déjà. Il attrape les nuages, s’agrippe aux gouttes claires de la pluie et goûte à la tendresse des couleurs qui se reflètent dessus. “AVIS !” Elles fuient, coulent entre ses doigts, le long de ses bras et il commence à chuter, les nuages accrochant leur coton autour de lui comme pour le retenir. Sans y parvenir. “Avis, réveille-toi ou je t’en colle une !” Il se fracasse au sol. Sur un matelas aux draps doux et chauds. “Essaye et je te pète le nez.”

Il marmonne. Il grogne. Remuant légèrement alors que son esprit peine à émerger et il sait que quelque chose cloche sans parvenir à s’alarmer. Tout est calme. Les bruits qui lui parviennent sont familiers.

“Bouge-toi. J’ai deux filles près du lac qui ont besoin d’aide. Y a des types étranges qui traînent, j’ai pas compris combien, mais dans le doute j’ai besoin de toi.”

Avis se redresse et lui décoche un regard noir. De façon mécanique, il choppe un jean, un tee-shirt et un sweat épais, qu’il passe rapidement. Sautant dans ses chaussettes et chaussures pour suivre son frère, qui court déjà vers la direction qu’elles ont indiqué.

“Putain Ash ce serait plus rapide avec la moto !”

Surtout à cette heure, mais Ashley s’en fout et traverse ces ruelles qu’ils connaissent par cœur. Ils escaladent une grille ou deux, traversent au pas de course une propriété, font gueuler des chiens dans plusieurs autres mais ne s’arrêtent pas, jusqu’à ce que le ressac leur parvienne aux oreilles. Seulement à cet instant, ils ralentissent de concert pour chercher rapidement du regard les deux filles.

Elles sont là. Recroquevillées sous la lueur pâle d’un lampadaire, elles se serrent l’une contre l’autre comme si elles pouvaient faire fuir ces monstres qui s’éveillent au creux des nuits. Et Ashley presse le pas malgré un souffle un peu court quand Avis ralentit légèrement, scrutant les alentours sans rien percevoir de suspect alors que la voix de son frère se fait calme, rassurante, bien loin de sa tonitruance habituelle.

“Y a personne ici. Pourquoi elles nous font chier ?”

La sienne claque, brutale, et il se prend trois regards courroucés dont il se moque éperdument. Il n’est pas là pour les envelopper de ses bras comme le fait Ashley. Il n’a jamais eu la patience de s’occuper d’elles, ni quand elles ont peur, ni quand elles ont mal, et encore moins au beau milieu de la nuit quand elles appellent pour rien. Ce que la brunette tente de contester, bégayant quelques mots soudainement coupés par un hurlement, plus loin, qui leur tire à toutes les deux un sursaut.

“C’est lui.” Elle chuchote. “Il a bousculé Hope quand on rentrait, il avait l’air à moitié fou.” Avis soupire. Gronde légèrement. “Donc vous vous êtes dit que vous alliez appeler Ash et rester là à l’attendre bien sagement au lieu de vous barrer ?” Ashley qui soupire un peu. “On a eu peur qu’il nous suive. On savait pas quoi faire.” Elle baisse le regard, disparaissant légèrement derrière Ashley, et Avis se demande comment elle survit dans ce monde souvent cruel, souvent brutal, où elle n’a assurément pas sa place.

“Je vais aller voir.”

Sa langue claque avec agacement contre son palais alors qu’il s’éloigne déjà, s’enfonçant dans le noir sur cette plage qu’il connaît par cœur, éclairée seulement des rayons de lune. Il marche plusieurs longues secondes sans rien voir. Les cris se sont tus et il se laisse guider par le hasard, observant attentivement la ligne d’horizon jusqu’à discerner une silhouette, à demi immergée dans l’eau froide du lac. Il avait l’air à moitié fou, a raconté Maeve, et soudain il est presque prêt à la croire.

Ça ne l’empêche pas d’avancer vers lui et de s’arrêter à quelques pas de l’eau, avant que les vagues n’aient la possibilité de tremper ses godasses. Une drôle de sensation glissant à travers ses tripes, sans qu’il ne puisse dire pourquoi. Un sourire moqueur s’étire sur son visage.

“J’peux t’appuyer sur la tête si tu veux crever, ce sera plus rapide.”

Kallen Galloway

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Kallen Galloway

Mar 7 Juin - 20:55

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Il n’a pas l’habitude de ça. S'exprimer de cette façon. Les émotions se bousculent en lui, confuses, impossibles à identifier. Kallen a cessé de crier et il n’y a plus que le bruit du ressac contre ses os gelés. Lentement, il ouvre ses paumes et baisse les yeux pour contempler ses mains. Ça ne se voit pas dans la pénombre, mais il sait qu’elles ont rougi avec le froid et les coups dans l’eau. Les articulations de ses doigts lui opposent une résistance lorsqu’il essaie de les plier, et ses jambes lui font l’effet de deux piliers plantés dans le fond du lac, endolories par la basse température. Quelques gouttes de ses cheveux à moitié trempés lui tombent sur le nez et il passe une main devant son front pour dégager les mèches lorsqu’une voix dans son dos le fige sur place.

Kallen n’est pas d’humeur. Il ne veut parler à personne, surtout pas pour se justifier et raconter ses états d’âme. Ça ne regarde que lui, ce qu’il est venu faire ici. L’autre type n’a pas l’air du genre soucieux, ça a même l’air de l’amuser. Tant mieux, il ne risque pas de lui courir après. Reniflant vite fait, le châtain rabat la capuche grise de sa veste sur sa tête et glisse les mains dans les poches de cette dernière en se retournant. Il sort de l’eau aussi vite que ses membres frigorifiés le lui permettent, prenant soin de garder son regard au sol, et atteint la berge en trois enjambées. Arrivé à la hauteur du mec dont il aperçoit la silhouette du coin de l'œil, Kallen lui donne un coup d’épaule pour le dissuader de s’intéresser à lui plus longtemps.

-Piss off!

D’avoir tant crié, sa voix sonne un peu plus éraillée qu’il l’aurait voulu, mais au moins le ton est donné, et le message est clair. Kallen est reconnaissant pour l’obscurité, il n’aurait pas voulu être surpris en plein jour avec l’expression qu’il a sur la gueule. Il n’a pas non plus envie qu’on le reconnaisse et que ça gâche son nouveau départ à Chicago. Il sait que la ville est grande ici et n’a rien à voir avec le village où il a grandi, mais les habitudes ont la vie dure.

La seule chose dont il a envie au final, c’est de rentrer. Il se fiche du bruit d’éponge trempée de ses bottes quand il marche, il se moque même du froid en ce moment. Il va remonter la plage jusqu’à la rue, filer jusque chez lui, mettre ses chaussures à sécher, balancer ses fringues dans la machine à sécher et ramasser le bordel qu’il a foutu dans la salle de bain. Peut-être aussi se servir un verre pour se réchauffer avant d’aller se recoucher, histoire de laisser la poussière retomber. Son cœur n’arrête pas de cogner dans sa poitrine depuis qu’il s’est mis à crier et Kallen ne comprend pas pourquoi il ne se calme pas. Quelque chose cloche, comme s’il avait fait un truc de travers, et ça l’emmerde plus que tout le reste.

Il se mettrait bien de la musique dans les oreilles sur le trajet du retour, mais il n’a même pas pris son téléphone avec lui, encore moins sa paire d’écouteurs. Quoi que ce n’est peut-être pas plus mal, vu le bain de minuit qu’il a décidé de prendre à l’improviste. C’était pas dans les recommandations, mais d’où il vient Kallen n’est pas spécialement réputé pour aller dans le sens du courant. Sa vie est tout sauf un long fleuve tranquille.

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Mar 7 Juin - 22:00
L’anglais est certain que l’autre va se retourner.
Lui faire face.
Lui envoyer des mots à la gueule comme lui l’a fait, sans gentillesse, avec brutalité. C’est dégueulasse ce qu’il lui a sorti. Mais il s’en fout. C’est à cause de lui si on l’a tiré de son sommeil, s’il se retrouve à jouer les gardes du corps d’Hope et Maeve comme si elles étaient ses filles, sauf que ce n’est pas le cas.

Tout comme ce n’est pas le cas pour l’autre, qui rabat simplement sa capuche sur sa tête avant de s’extirper de la flotte.

- Piss off!

La voix claque, rauque d’avoir laissé s’échapper autant de cris qui auront effrayé les deux filles. Et l’épaule s’écrase contre la sienne, le forçant à reculer d’un pas et ses poings se serrent. Il crispe la mâchoire. Bloque son souffle au creux de sa poitrine. Tente de garder le contrôle sur les émotions qui effleurent déjà sa peau. Grimpent à toute vitesse le long de son estomac. Et s’emparent de ses jambes, qui parcourent les quelques pas qui les séparent un peu trop rapidement.

“Wait, you little shit!”

Avis gronde et la colère se glisse au creux de ses doigts qu’il referme avec force sur le sweat du type. Pour le tirer vers lui, l’obligeant à se retourner alors que sa seconde main se referme sans réfléchir sur la gorge. Son regard s’écrase sur le sien. Et il lui semble que le temps se suspend, une seconde. Deux. Trois, ensuite. Avant que son cœur ne se remette à battre. Que son esprit assemble les pièces du puzzle qu’il a sous les yeux. Ce regard d’un vert tendre, pailleté de feuilles d’or. Les cicatrices pâles qui barrent la peau.

“Kallen ?”

C’est un souffle qui s’échappe de sa bouche alors que la colère reflue aussi rapidement qu’elle est venue. Et qu’il le relâche. La bouche entrouverte sur des excuses qui ne les franchissent pas, les traits figés d’une surprise qu’il ne tente même pas de dissimuler. Je suis désolé. Il pense une fois de plus. Est-ce que tu vas bien ? Il veut lui demander. Mais il ne dit rien parce que les mots se bousculent. Parce qu’il se sent con, même plus que ça en fait, de ne pas avoir reconnu sa voix, sa démarche, ou rien que sa silhouette qu’il a pourtant aimé dessiner du regard les premières secondes de leur rencontre, cette nuit-là. D’avoir failli lui en coller une.

“Merde, Kallen...” Il baisse les yeux sur les fringues trempées. “Tu vas chopper la mort.”

Il a une pensée pour cette conversation qu’ils ont eu au petit déjeuner, devant leur assiette de pancakes. Sur ce qu’il lui a dit, à propos de la plage, la nuit. Qu’est-ce qu’il est venu crier, Kallen, cette nuit ?

Kallen Galloway

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Kallen Galloway

Mer 8 Juin - 4:34

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Il s’éloigne du lac comme prévu et le mouvement soulage ses jambes malgré leur difficulté à avancer. Marcher le réchauffera, il lui suffit de continuer de bouger, seulement l’autre le rattrape et à la pression sur sa gorge Kallen lève un poing prêt à le frapper pour l’obliger à le lâcher. Ses nerfs tiennent à un fil, ce n’est vraiment pas le moment, mais avant même qu’il ne réalise pourquoi, tout son corps se fige dans l’obscurité. Il voit à peine les cheveux qui en ont la même couleur, par contre il reconnaît affreusement bien le regard dans lequel il lit sa stupéfaction. Lui non plus ne s’attendait pas à le croiser ici, pourtant il aurait dû s’en douter, ça lui paraît évident à présent… Qui d’autre que celui lui ayant fait la recommandation de l’heure et du lieu peut s’y trouver ?

Son bras se baisse et Avis le relâche à son tour. La tension redescend, mais une fois la surprise passée le visage de Kallen demeure interdit. Il se contente de fixer la bouche entrouverte d’Avis sur des mots qui ne viennent pas. Le châtain se rend bien compte de ce que ça a l’air, de ce dont il a l’air, et se balance d’un geste nerveux d’un pied à l’autre en se massant la gorge. Il ne sait pas trop ce qu’il espère en gardant le silence, autant il se fiche de ce qu’Avis a pu lui balancer avant de le reconnaître, autant là il le redoute, et plus il soutient son regard, plus bruyant est le sang contre ses tempes. Il peine à entendre ce qui franchit finalement les lèvres du brun.

-Hein ?

Il suit ses yeux sur lui et ses paroles atteignent son cerveau, mais il lui faut un moment encore pour en comprendre la teneur. Avis est… inquiet ? Kallen se sent un peu pris de court et tire sur son t-shirt, comme pour constater officiellement l’état de ses fringues.

-Oh, ça ? Je vais rentrer et me changer. Elle n’est pas si froide, j’ai connu pire. Alaska, tu te souviens ?

Il force un sourire et lâche à demi sérieux.

-Pas ma plus brillante idée, je l’admets.

Un frisson lui secoue les épaules et il se frictionne les bras en reprenant le chemin pour quitter la plage, supposant qu’Avis lui emboîtera le pas. Il marche un peu et se tourne à moitié vers lui.

-Désolé au fait, pour le coup à l'épaule.

Il ne précise pas qu’il ne l’a pas reconnu, c’est assez évident. L’accent aurait pourtant dû lui mettre la puce à l’oreille, si seulement il l’avait un peu plus tendue. Même encore en ce moment, il se sent toujours barbouillé par ses émotions. Fatigué aussi, en plus d’être gelé. Probablement le contrecoup d’avoir vidé ses tripes sur le ciel.

Avis Green

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Mer 8 Juin - 10:45
Il a connu pire.
Sans savoir pourquoi, Avis déteste cette idée sur l’instant, alors même que Kallen lui a déjà raconté. L’Alaska, la pèche au crabe. Le danger. Pourtant, comme un écho, il force légèrement le sourire pour ne pas ajouter à tous ces sentiments qui se bousculent une inquiétude infondée pour un métier du passé.

-Désolé au fait, pour le coup à l'épaule.
“Désolé de t’avoir insulté.”

La main qu’il passe au creux de ses boucles brunes achève d’illustrer les regrets qui percent dans sa voix. Pas qu’il ait de remords d’ordinaire, quand il balance des insultes à quiconque l’emmerde un peu trop, mais c’est différent cette fois. Kallen est différent. Et Avis déteste, le temps d’un instant, cette violence qui se tapit en lui si parfaitement. Il n’en ajoute pas davantage, cependant. Ne s’attarde pas sur ce qu’ils ont failli faire, l’un et l’autre, avec leurs poings fermés et la colère au fond de leurs deux cœurs. Même si au fond de lui, l’Anglais aime sûrement un peu l’idée de cette main qui a failli l’atteindre sans réfléchir.

Perdu dans ses pensées, il remarque à peine qu’ils tournent dans cette rue où il a laissé Ashley, Hope et Maeve. Ce n’est que quand il entend la voix de son frère, qui raconte leur périple pour arriver jusqu’ici aux deux filles, qu’il revient à lui, leur jetant un regard qui s’accroche directement à celui d’Ashley.

Le sourire qui se dessine alors sur le visage est semblable au sien.
Tout comme les boucles brunes éparpillées autour des joues juste un peu plus rondes de son cadet qui s’approche déjà d’eux en quelques grandes enjambées.

“T’as été long, j’ai cru que j’allais devoir appeler les flics.”

Et sa façon de ricaner alors qu’Avis partage sa blague d’un sourire taquin. Puis de jeter un regard intrigué à Kallen, des questions brûlant ses lèvres qu’il ne pose pas.

“C’est lui le fou de Maeve ?” Avis acquiesce d’un signe de menton. “Tu peux la rassurer, il n’a pas l’intention de la suivre. C’est un simple malentendu.” Qui l’aura arraché de son lit au beau milieu de la nuit.

“Je vais les raccompagner.”
“Tu rentres après ?”
“Non. Je devais passer chez Tobias au matin, je vais y aller directement. Il sera ravi de me voir avant son premier café.”

Un rire commun qui s’échappe. Ils se souviennent parfaitement de comment ça se passait quand ils étaient tous les trois là-bas. Et qu’Avis provoquait leur père juste pour le plaisir de le foutre en rogne dès le petit-déjeuner.

“Ça marche. Fais gaffe à ton cul, je ressors pas pour te sauver les miches.”

Il le ferait pour sûr. Ashley le sait bien et un rire éclatant lui échappe alors qu’il s’en retourne à ses filles. Le sien effleure ses lèvres, bien plus discret, et il reporte son attention sur Kallen.

“Je te laisse pas rentrer seul dans cet état, Alaska.”

Il fouille machinalement sa poche à la recherche d’une clope, râle légèrement quand il ne trouve ni briquet, ni paquet, laissés évidemment sur sa table de nuit où il les a collés avant d’aller dormir. Il n’aura pas pensé à les prendre dans la précipitation, pour un malentendu qui le mène à s’inquiéter davantage pour les cris que Kallen a dispersé au vent que pour la frayeur qu’il aura fait aux filles.

“J’ai pas de baignoire à la maison, mais j’ai une douche, des fringues chaudes, et un poêle qui fonctionne presque aussi bien que ta cheminée. T’en dis quoi ?”

Il lui lance son sourire en pleine gueule.
Comme si ça pouvait effacer un peu des malheurs qu’il est venu hurler ce soir.

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Mer 8 Juin - 23:05

Monsters in the Dark
Avis s’excuse et Kallen rigole. Ce n’est pas un rire très fort, peut-être juste ses nerfs qui se relâchent, ou alors cette façon d’entendre le brun regretter ses propos. Ce geste embêté et touchant qui trahit quelque chose de plus profond que quelques mots de travers, mais le châtain ne lui en veut pas.

-Je l’ai mérité.

Il hausse les épaules avec un sourire en coin coupable, comme un gosse, et puisque ça ne sert plus à rien de se cacher Kallen tire sur sa capuche en s’éloignant de la plage. Il apprécie la présence silencieuse d’Avis à côté de lui, son pouls finit par se calmer et il prévoit de lui dire au revoir une fois qu’ils auront tourné le coin de la rue lorsque des voix résonnent au-devant d’eux. Il n’en pense pas grand chose sur le moment, ne reconnaît même pas les filles qu’il a bousculées en arrivant, mais le type qui s’est rajouté se dirige droit sur eux, et ce qu’il était en train de raconter prend un autre sens à la seconde où il s’adresse à Avis.

Kallen comprend qu’il a fait peur aux filles et qu’elles ont tiré le brun de son sommeil à cause de lui, mais son esprit est préoccupé par autre chose. Bien sûr il a vu la tenue des filles et s’interroge, non pas sur leur métier évident mais sur leur lien avec les deux hommes en train de discuter. Enfin, celui en face d’Avis lui fait plus l’effet d’un garçon avec son visage rond et cet air un rien juvénile malgré le milieu très adulte dans lequel il semble graviter. Les deux sont complices, railleurs, directs l’un envers l’autre. Comme Jude et lui. De la famille. Avis lui a déjà parlé de son frère, et en soi ça ne le choquerait pas si Kallen n’était pas en train de réaliser qu’il les a pris pour un couple le soir où il a rencontré Avis. Blâmant sa cousine et ses maudites pistes subjectives, il n’en souffle pas moins intérieurement de soulagement, pas mécontent de s’en être rendu compte avant d’avoir dit une connerie.

Le frère d’Avis repart avec les filles plus rassurées et Kallen les regarde s’éloigner lorsque le brun resté à ses côtés lui s’invite sur le trajet du retour pour ne pas le laisser rentrer seul dans son état, mais lequel ; ses vêtements trempés ou le bordel qu’il a dans la tête ? Heureusement pour Avis, il ne s’est pas enfoncé dans l’eau jusqu’au torse et sort un paquet de clopes sec de la poche avant de sa veste, avec le briquet. Il les lui tend comme Avis lui propose de lui rendre la pareille pour le soir de la fête, et l’invite chez lui.

-Ok.

Normalement, il aurait refusé. Kallen n’aime pas déranger ou sentir qu’on veut l’envelopper dans le coton comme une chose fragile, mais le sourire d’Avis donne un tout autre ton et il ne s’imagine même pas dire non. À accepter, le châtain a au contraire l’impression de lui faire plaisir. Ce n’est plus lui qui est le centre d’attention et ça lui convient très bien, il a même un peu hâte de voir à quoi l’appartement ressemble, surtout après y avoir reconduit Avis deux fois.

-À une condition par contre. Dis-moi qu'il n'y a pas que du thé dans tes armoires.

Son regard brille de malice alors qu’il arrache ses yeux à son sourire pour scanner les environs.

-Je vois pas ta moto, t’es venu comment jusqu’ici ?

Dit celui qui a marché toute la distance à pied.

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Jeu 9 Juin - 13:45
Ses lèvres se referment sur la clope et la flamme vacille au milieu de la nuit, acceptant finalement d’en embraser le bout alors qu’il grogne d’un léger soulagement en sentant son goût sur sa langue. Plusieurs secondes s’écoulent. Avis savoure l’effet quasi immédiat de la nicotine sur son corps qui détend ses muscles et apaise définitivement ses nerfs un peu trop à vifs.

“Je dois avoir du jus de fruits qui traîne.”

Il répond finalement à cette condition. Un nouveau sourire taquin venant ourler sa bouche alors qu’il tapote la cigarette pour faire tomber les cendres. Et comme les yeux de Kallen partent observer autour, Avis observe les silhouettes des deux filles et de son frère s’éloigner. Il sourit un peu plus en le voyant si doux, se pencher un peu vers Maeve pour lui murmurer quelque chose à l’oreille. Si parfait dans ce rôle alors qu’il a la même violence que son frère, planquée dans ses tripes. Il l’a déjà vu casser des gueules sans même hésiter. Écraser ses poing sur une peau déjà rougie de sang. Foutre un flingue sur une tempe et menacer. Faire hurler de douleur des types. Et en rire.

Parfois si mauvais qu’il le reconnaît à peine ce petit frère qu’il a bercé dans le noir de si nombreuses fois. Mais c’est bien Ashley, à chaque fois. Avec ces deux parties de lui, d’ombre et de lumière.

Comme Ave a les siennes.
Comme cette main si ferme qu’il a serré sur la gorge de Kallen.

“En courant.” Il s’extirpe de ces pensées noires pour ne pas sombrer. Dans sa rage et sa colère qui illuminaient ses yeux lorsqu’il a saisi  Kallen. “Ashley a préféré perdre ses poumons plutôt que quelques secondes pour défaire l’antivol et démarrer.” Il ricane. “Il n’a clairement pas ma forme.”

À vrai dire, Ashley le bat sur un sprint. Mais il évite de le préciser et en tirant sur sa clope il laisse ses pieds le guider presque méchaniquement pour prendre le chemin du retour. Contrairement à l’aller, il choisit des ruelles un peu moins directes mais qui leur évitent de rentrer par effraction sur des propriétés, et s’il a conscience que Kallen serait certainement rentré plus vite chez sa tante qu’en le suivant chez lui, l’anglais ne le lui fait pas remarquer.

“Tu perds pas un doigt de pied avant qu’on arrive. J’ai pas mal de talents mais je sais pas encore recoudre les bouts qui se détachent.”

Ils arrivent après quelques minutes de marche. Le bâtiment de briques rouges, au milieu des autres, est plutôt ordinaire et les larges fenêtres de son appartement au premier et dernier étage ne reflètent que le noir de la nuit. Avis déverouille rapidement la porte une fois la clope écrasée et jetée dans une poubelle en passant et la volée de marches avalée, allumant les luminaires qui réchauffent aussitôt la pièce d’une lumière chaude quoique ponctuelle, agréable avec la nuit autour.

“La salle de bain est là.” Il s’engouffre dans le couloir à leur gauche, ouvrant la porte qui y mène pour sortir une serviette qu’il dépose sur le lavabo. “Tu peux laisser tes fringues dans la panière, on les mettra à laver cette nuit. Je t’apporte de quoi te changer.”

Il file aussitôt dans sa chambre au bout du couloir pour fouiller son armoire. Après quelques secondes, il parvient à en sortir un bas de pyjama à carreaux rouge et un tee-shirt qu’il dépose à côté de la serviette. Avant de filer à la cuisine, pour fouiller un placard duquel il sort plusieurs bouteilles. Autre chose que du thé, comme Kallen le lui a demandé.

Kallen Galloway

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Kallen Galloway

Jeu 9 Juin - 22:50

Monsters in the Dark
Sa main récupère les clopes et le briquet et les range dans sa poche. Il en a fumé une en sortant de chez lui, et si une seconde ne serait pas du luxe en ce moment, Kallen a plutôt envie d’une gorgée brûlante d’alcool fort pour le réchauffer. Surtout pas d’un verre de jus de fruits. Il répond à la raillerie avec beaucoup moins de finesse, s’armant d’un sourire semblable et d’un doigt d’honneur en direction du brun. Sa répartie lui a plu en réalité et c’est l’esprit un peu plus léger qu’il continue à avancer malgré son pantalon imbibé d’eau. Derrière lui ses pas laissent des empreintes mouillées sur le bitume tandis qu’Avis lui raconte avoir coursé jusqu’à la plage à cause d’Ashley – son frère, donc.

-Tu t’entraînes ? Qu’il demande, avec curiosité.

Le bruit des vagues finit par disparaître et en passant devant un large domicile, Kallen se fait la réflexion qu’il aurait été plus rapide de traverser vite fait le terrain au lieu de le contourner comme ils font. Pas qu’il n’aime pas la balade, mais il a hâte de recommencer à sentir le sang circuler dans ses veines. Avis semble en avoir conscience même s’il ne prend aucun raccourci, et Kallen presse un peu le pas.

-Je suis pas resté assez longtemps dans l’eau pour choper de l’hypothermie, regarde.

Il se rapproche en vérité et dégage les cheveux du brun pour plaquer ses doigts glacés sur sa nuque. Le contact ne dure qu’une fraction de seconde avant que son rire n’éclate et qu’il se rétracte en vitesse pour éviter un mauvais réflexe. Kallen parle pourtant par expérience et espère tout de même ne pas avoir fait de connerie en se plongeant dans le lac Michigan jusqu’aux cuisses avant le printemps.

Ils arrivent enfin devant l’immeuble dont il reconnaît la façade et il le suit à l’intérieur, prenant soin de laisser le moins de traces d’eau possible au sol. Une fois entré chez Avis, il retire directement ses bottes et ses chaussettes. La chaleur commence à l’atteindre au travers de l’épaisseur de ses vêtements et il est reconnaissant à Avis de lui indiquer tout de suite où se trouve la salle de bain.

-Merci.

Il veut ajouter que ce n’est pas la peine de laver ses vêtements et que les sécher ira très bien, mais il est pris de cours par la taille de l’immense douche à la paroi en verre et Avis est déjà ressorti. Lorsqu’il revient, Kallen se contente de le remercier une seconde fois en prenant le pyjama. Une fois seul dans la pièce, il repère la panière et y dépose ses vêtements trempés, puis se penche pour jeter un coup d'œil sur la cicatrice à sa cuisse gauche. Sa peau n’a pas changé, tout semble normal alors il se dirige vers la cabine et ouvre l’eau malgré la sensation d’être toujours à découvert avec la vitre transparente.

Le jet tiède coule sur lui et ses muscles se détendent aussitôt. Il augmente progressivement la température et savoure le retour de la chaleur dans ses membres tandis qu’une fine vapeur emplit la pièce. Il coupe l’eau une dizaine de minutes plus tard et passe d’abord un coup de serviette dans ses cheveux propres avant de se sécher. Les vêtements sont à la bonne taille, si ce n’est le pantalon qui lui arrive un peu au-dessus des chevilles, mais il ne va pas s’en plaindre. Le châtain sort de la salle de bain et prend le temps d’observer l’appartement en se laissant guider par le bruit pour retrouver Avis à la cuisine.

-T’aurais dû me le dire que t’avais du jus de pomme de terre.

Il lui indique la bouteille de vodka avec un sourire en coin, puis étire son cou vers le salon.

-C’est stylé chez toi. Tu partages l’appart avec ton frère, c’est ça ?

Tout en parlant, il tire l’un des tabourets de l’îlot pour s’y asseoir, soulagé d’être finalement au chaud dans des vêtements secs.

Avis Green

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Dim 12 Juin - 18:30
Le ressac s’éloigne un peu plus à chaque pas qu’ils font. Avis lui offre l’histoire de leur arrivée jusqu’ici comme Ashley l’a conté aux deux filles un peu plus tôt, en omettant toutefois leurs quelques effractions et Kallen rebondit aussitôt.

-Tu t’entraînes ?
“Si frapper sur des punching balls compte, oui je m’entraîne.”

Il sait que ça l’a forgé comme il est aujourd’hui. Il n’avait pas le choix, quand il se faisait battre à plate couture parce que ses bras n’étaient pas assez forts, parce qu’il ne tenait pas le choc face aux coups des autres. Mais il ne se perd pas dans les souvenirs cette fois-ci. Il préfère lui envoyer une blague, histoire de ne pas trop montrer qu’il s’inquiète.

Et il rit en entendant sa réponse.
Va tourner la tête vers lui pour regarder, sans en avoir le temps.

Kallen pose les doigts sur sa nuque et ils sont glacés. Avis grogne, se retourne vivement mais le châtain s’est déjà échappé. L’anglais vient néanmoins attraper la main, une moue boudeuse sur la bouche, pour offrir un peu de chaleur à la peau frigorifiée. Et la relâche peu après, une rougeur sur le haut des joues, comme un adolescent embarrassé.

Il déteste son corps, en cet instant.
L’affolement au creux de sa poitrine, de son cœur emballé.

Heureusement ils parviennent rapidement à la porte et Avis le fait entrer, avant de préparer tout ce dont a besoin Kallen pour retrouver une température normale. Il a bien besoin d’un verre, lui aussi. Alors il sort plusieurs bouteilles : vodka, rhum, whisky, sans savoir ce que le châtain va vouloir.

Le temps que Kallen se douche, l’émotion s’est évanouie. Et il rit, à la remarque que l’autre laisse échapper.

“Je ne voulais pas gâcher la surprise.”

Il lui envoie un regard malicieux, quand Kallen reprend déjà, curieux.

“Oui et non.” Il sort deux verres qu’il dépose sur le plan de travail. “Il squatte souvent chez moi mais il ne vit pas ici.” Puis attrape la bouteille de rhum brun qu’il verse dans son verre. “Tu veux quoi ?” Il indique les différentes bouteilles. “Officiellement, Ashley vit toujours chez notre père. En réalité, il navigue entre nos deux apparts et pour le moment ça lui convient.”

Il marque une pause le temps de servir à Kallen la boisson qu’il lui indique. Les sourcils légèrement froncés alors que les mots se pressent entre ses lèvres pour s’en échapper. À croire qu’ils en ont assez d’y rester. Bloqués au creux de sa gorge, au fond de son cœur, quand sa bouche débite trop souvent des banalités. Il y a tous ces secrets, bien sûr, dont il voudrait se libérer. Mais il y a aussi toutes ces choses plus insignifiantes et qu’il garde précieusement pourtant.

L’abandon de leur mère.
Le départ de leur père.

Même s’il lui en a glissé quelques mots la dernière fois, parce qu’avec Kallen ça a des fois l’air d’une révolution dans sa tête. Comme s’il avait assez confiance pour pouvoir lui offrir ses secrets sur un plateau.

“J’ai vécu avec eux quelques mois quand je suis rentré de Londres. C’était...” Une grimace lui déchire le visage. “Chaotique. Avec Tobias on a le même foutu caractère. En fait je suis presque pire que lui.”

Avis le provoque. Le mord avec les mots et le massacre du regard. Il se montre dur, froid et cruel, parce que c’est plus simple sûrement que de lui avouer à quel point il aura été blessé d’être laissé là-bas. Derrière ces grilles de pensionnat. Ou à quel point ça l’aura brisé que cette mère leur tourne le dos comme elle l’a fait, sans un remord. Quinze années sans un signe, sans un mot, et des rêves qui continuent de le tourmenter. Il plonge dans son verre de rhum pour en avaler une longue gorgée. Ça lui fout le cœur un peu en vrac et il déteste ne toujours pas savoir comment se protéger. Et c’est tout ça qu’il sort quand il frappe.

“On est incapable de rester dans la même pièce sans se déchirer alors qu’Ash... ”

Ashley a su pardonner.
Ashley a toujours eu son grand frère pour réconforter chacune de ses peines et combler l’absence de leur mère. Il s’y est appliqué avec tellement d’énergie, Avis.

“Il m’a offert cet appart parce qu’on supportait plus d’être sous le même toit. On aurait fini par s’étriper. Alors il m’a poussé dehors en me collant une adresse et des clés dans la main et il n’a jamais regretté.”

Avec les années, l’anglais s’est approprié l’endroit. Il a refait pas mal de choses. Il a fait agrandir les fenêtres, pété une ou deux cloisons et modulé l’espace comme il l’entendait. Il a foutu ses affaires un peu partout malgré l’apparente organisation de l’appartement. Un sweat abandonné sur le dossier d’une chaise. Un livre sur le fauteuil près du poêle. L’écharpe de Kallen. Sur sa commode près de son lit.

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Kallen Galloway

Lun 13 Juin - 23:45

Monsters in the Dark
Donner des coups sur un sac de sable signifie savoir se battre, ou du moins s’y exercer. Est-ce qu’Avis s’entraîne pour protéger les filles qui font le trottoir, comme une sorte de garde du corps ? Un genre de boulot sur appel pour arrondir les fins de mois peut-être, à moins qu’il ne connaisse personnellement les filles ? Il y a quelque chose de sombre dans cette histoire et Kallen a l’impression d’apercevoir la pointe de quelque chose de plus complexe que le récit qu’on lui offre, mais il garde ses interrogations pour lui. Parler n’est pas dans ses priorités en ce moment et il n’a qu’une envie : sentir la chaleur réchauffer ses membres.

Heureusement pour lui, Avis ne se vexe pas du contact froid de ses doigts dans son cou et ils continuent à marcher. Un sourire flottant sur son visage, le châtain s’apprête à fourrer ses mains dans ses poches lorsque la paume d’Avis se referme sur celle qu’il vient de lui coller dessus. Il s’attend à une remarque bien sentie ou à ce qu’il lui torde le bras en guise de représailles, cependant rien ne vient. Kallen tourne les yeux dans sa direction, mais dans la pénombre il peine à voir son expression et le brun relâche sa main. Les doigts moins glacés, il les glisse dans sa veste sans se décider à le remercier.

L’ambiance change lorsqu’il sort de la douche une fois au chaud dans l’appartement. Son corps s’est détendu, Avis rit de sa blague et il lui pointe la bouteille de whisky pour son choix d’alcool. L’explication sur Ashley concorde avec l’échange entendu au Looper le soir de leur rencontre. Jude aussi l’embrasse sur la joue, mais Kallen s’imaginait que c’était un truc réservé aux filles. Il faut dire qu’Ashley et Avis ont l’air proche, c’est peut-être ça. En tant que fils unique, il n’y connait pas grand chose en relations fraternelles, par contre à entendre le brun utiliser le prénom de leur père pour parler de lui, il ne met pas longtemps à comprendre que cette relation-là est compliquée.

Kallen avale une gorgée et soupire de satisfaction lorsque le liquide ambré déverse son feu dans son œsophage, puis Avis continue son récit. Confirme ses soupçons et lui parle de sa vie. L’Anglais s’ouvre comme un livre et Kallen écoute avec intérêt, le verre immobilisé entre ses doigts. Un peu fasciné aussi d’entendre tous ces détails offerts avec une confiance qu’il n’est pas sûr de mériter. Finalement, Avis n’a pas besoin d’arrondir ses fins de mois si son père lui paie l’appartement, mais ce n’est pas le sujet et le châtain se remet à scanner l’endroit avec toutes les nouvelles informations en sa possession, puis ramène ses yeux dans ceux du brun.

-Est-ce que tu regrettes, toi ?

Jude aussi l’a poussé en dehors de chez lui. Ses raisons sont différentes, mais le résultat est pratiquement le même. Un coup de pied au cul pour prendre un certain degré d’indépendance. Une nouvelle vie, sans vraiment en être une. Quelque part en lui, Kallen aime l’idée de ne pas être le seul à avoir quitté le nid familial récemment, même si comme pour Avis, la famille continue de jouer un grand rôle dans sa vie. Se levant du tabouret avec son whisky en main, il se dirige vers le poêle et s’accroupit devant pour ouvrir la porte et y empiler deux bûches.

-Parce que franchement, cet appart est classe.

Il allume le feu après y avoir mis du papier journal et s’assied à même le sol, le dos contre le bas du fauteuil où il allonge les jambes pour poser ses pieds nus devant les flammes. Une nouvelle gorgée se glisse dans sa gorge et il attrape le bouquin derrière lui.

-C’est toi qui lis ça ?

À moins que ce soit Ashley. En tout cas la question se ponctue d’un rire amusé tandis que le tome de Sherlock Holmes atterrit sur ses genoux.

Avis Green

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Avis Green

Mar 14 Juin - 23:00
Les mots se tarissent finalement au fond de sa gorge et plusieurs secondes s’égrènent.

Kallen jette un œil tout autour d’eux.
Avis avale une gorgée de rhum.

Et le silence s’étend encore un instant, jusqu’à ce que les yeux du châtain retrouvent les siens et qu’il prononce une unique question. Qui lui arrache un sourire. Alors qu’il secoue légèrement la tête, les souvenirs des semaines juste avant leurs retrouvailles lui revenant en mémoire. Ils ont failli en venir aux mains, Tobias et lui. Plusieurs fois. La pression et la fatigue aidant, ils se seraient certainement réellement étripés s’ils avaient passé davantage de temps ensemble.

“Non.”

Il répond sans une hésitation. Après avoir observé Kallen quitter son tabouret pour se diriger vers le poêle, qu’il ravitaille exactement comme il l’aurait fait chez lui. Et sans savoir pourquoi, il aime bien cette idée. Que le châtain soit assez à l’aise pour faire comme chez lui.

“Je n’ai jamais été aussi heureux qu’en passant la porte de cet appart, il y a sept ans.”

Il était sûrement encore plus fier qu’aujourd’hui, pourtant il a aimé cet endroit dès qu’il l’a vu. Le mur de briques à l’entrée. Le potentiel malgré la peinture écaillée, un sol défoncé et le manque de lumière. Toutes ces choses qu’il a refaites, les unes après les autres, parce qu’il en avait le droit. Il était libre.

“Et merci.” Son sourire s’agrandit. Se fait malicieux. “Ça, tu vois, ça fait partie de mes talents.”

Il quitte à son tour le plan de travail, s’approchant du feu et de sa chaleur et de Kallen, asssis par terre et dont la main se tend vers le livre, derrière lui, dont il se saisit.

-C’est toi qui lis ça ?
“Ouais.”

Il avise le canapé, hésite à aller s’y poser, mais il grimpe plutôt sur le fauteuil sur lequel il se fout avec les jambes ramenées contre lui. Ses yeux braqués sur le châtain, juste en dessous de lui.

“J’ai eu du temps libre après notre petite soirée. Un peu trop, même. Fallait que je m’occupe le temps que... je me répare. Je devenais fou à force de ne rien pouvoir faire et Ash en a eu marre alors il me l’a offert.”

Il a passé trois jours encore, après ça, à peiner au moindre effort trop intense. Et encore plus à s’en remettre réellement, à chasser les cauchemars et à faire taire les cris qui essayaient désespérément de lui échapper chaque nuit. La colère a mis encore plus longtemps à quitter les yeux de son frère. Et les angoisses, à l’idée de s’endormir sans personne à ses côtés comme un môme terrifié, sont toujours présentes. Même s’il parvient davantage à les faire taire, les quelques soirs où Ashley n’est pas là.

“Pourquoi t’étais sur la plage ce soir, Kal ?”

Il demande prudemment. D’une voix calme et basse alors qu’il voudrait hurler si fort pour obtenir les réponses qu’il attend. Le secouer un peu, le blesser sûrement, creuser ses pensées et savoir ce qui l’a amené à ces cris d’agonie.

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Mer 15 Juin - 3:44

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Il ne s’attend pas à une réponse négative, mais le sourire d’Avis le désarçonne, si sûr de lui. Le brun s’exprime avec tant d’aisance et de certitude, ne s’arrêtant qu’à de brefs moments pour chercher le bon mot. Kallen voudrait lui rendre la pareille et lui parler de sa propre famille… si seulement il savait par où commencer. Rebondir sur l’appartement lui paraît plus simple, même s'il s'en veut de choisir la facilité, par contre il apprend qu’Avis n’est pas récemment parti de chez son père comme il le croyait au départ. Ce n’est donc que lui qui a fait du surplace pendant si longtemps. La pensée assombrit son humeur, mais le sourire d’Avis redouble et il lui est impossible de rester morose.

-Est-ce qu’il y a quelque chose que tu ne sais pas faire ?

Le châtain renchérit, mi-moqueur mi-espiègle, le suivant du regard jusqu’au fauteuil. Les pages du roman glissent sous son pouce alors qu’il tourne les pages.

-C’est tellement british.

Il ricane, amusé du cliché. Content qu’il aille mieux, aussi. Maintenant qu’il y pense, sa démarche est redevenue normale et son visage n’a gardé aucune trace de ses blessures du mois dernier. Rien qui ne se voit, en tout cas. Rendant le livre à Avis, il reporte son attention sur les flammes du poêle, remuant ses pieds dans le silence confortable, brisé par l’interrogation qui le fige, sans toutefois le tendre. Un crépitement succède à un autre, et Kallen finit par lâcher à demi-voix.

-Je fais des cauchemars.

Il se tourne à moitié vers lui et replie un genou, le regard posé devant lui.

-Ça fait des années. Je me réveille en sueur en plein milieu de la nuit.

Paniqué. Affolé. Le corps qui tremble. Le retour à la réalité est difficile à chaque fois. Kallen fronce des sourcils.

-J’arrive pas à les empêcher de revenir et... J’en ai eu marre. Alors je suis sorti prendre l’air et j’ai repensé à ce que tu m’as dit sur la plage. Je ne voulais pas effrayer les filles, je voulais juste…Je sais pas. J’ai commencé à crier et j’arrivais plus à arrêter.

Il soupire en se passant la main dans les cheveux et se rappelle ce qu’Avis lui a dit au bord du lac, avant de réaliser que c’était lui.

-J’essayais pas de me noyer ou un truc du genre.

Kallen vide le reste de son verre et le repose sur son genou sans le lâcher. Les flammes se reflètent sur la paroi transparente quand il le tourne entre ses doigts et il se demande ce qu’il verrait se refléter dans les yeux d’Avis s’il tournait la tête vers lui pour croiser son regard, mais il n’ose pas encore. Il attend de lui renvoyer sa question pour le faire.

-Pourquoi tu vas gueuler sur la plage, toi ?

Il y a sans doute trop d’émotions contenues et contradictoires au fond des prunelles qu’il expose. Comme l'œil d’un cyclone, calme, avec un monde entier qui gravite autour à une vitesse folle.

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Jeu 16 Juin - 11:30
“À part ne pas savoir recoudre les bouts qui se détachent ?” Il ricane. “Sûrement plein de trucs, ouais.”

Comme prendre soin de Hope et Maeve malgré leur terreur, par exemple. Et ce même si leur appel au secours ne l’avait pas forcé à sortir du lit en pleine nuit, parce qu’il se sent incapable de se montrer agréable avec les prostituées de son frère juste pour épargner leur sensibilité.

Mais un éclat de rire efface sa pensée à la remarque de Kallen. Tellement british... peut-être bien. Mais ça lui plaît. Toutefois il perd cet éclat bien rapidement. Pour poser cette question qui lui brûle les lèvres depuis qu’il l’a retrouvé, plongé dans l’eau jusqu’à la taille.

Il fait des cauchemars.
Lui aussi.

Alors il écoute presque religieusement les mots qu’il lui offre sans lutter. Sourit un peu quand le châtain fait référence à ce qu’il a cru en premier. Le perd immédiatement lorsque la question est reposée, presque à l’identique.

Avis tressaille.
Et déplie ses jambes qu’il remonte le long de la poitrine pour les entourer de ses bras. Il y dépose sa joue. Laissant ses yeux se perdre au creux des flammes alors que son cœur s’emballe légèrement. Il ne pensait pas que Kallen lui renverrait la question. Il ne pensait pas que ça le déstabiliserait tant, aussi.

“Je fais des cauchemars aussi.”

Il souffle la réponse comme un chuchote un secret. Avec l’espoir un peu fou que Kallen n’entende pas ces mots ou qu’il les ignore, qu’il change de sujet pour revenir pourquoi pas à Sherlock Holmes. Ce serait tellement plus facile. Et il est tellement lâche, à ce moment. Recroquevillé. Le regard fuyant celui du châtain.

“On a tous nos démons, je suppose.” Ce n’est qu’un murmure de plus. “Il y a juste des nuits où je ne les supporte plus. Je me réveille et j’ai ces cris juste au bord des lèvres qui doivent sortir.”

Alors il se précipite dehors en étouffant et il court. Jusqu’à ce que ses pieds rencontrent le sable. Jusqu’à ce que le ressac se fracasse à ses oreilles. Pour hurler avec ses tripes. Pour s’arracher ce poids qui pèse sur sa poitrine. Il hurle tout ce qu’il ne peut pas dire à cette plage vide, à ces étoiles qu’il ne voit pas, à ce lac géant dont les eaux dansent avec le vent.

Puis des fois ce sont des rires.
Les siens, ceux d’Ashley.

D’un bonheur qui s’est montré rare, ces derniers temps, où les responsabilités se sont abattues sur eux en un tourbillon infernal. Et après ça, ce combat qui a viré au drame et les cauchemars qui se sont amplifiés. Même Ashley en a fait, même s’il n’en parle pas et qu’Avis ne le lui a pas fait remarquer. Il sait qu’ils en parleront un soir, quand ils seront prêt à le faire.

“Par contre j’évite de me foutre à l’eau en plein hiver.”

Il le taquine gentiment, un demi sourire éclairant son visage qu’il accepte enfin de baisser de nouveau vers lui. Avant de ramener son verre à ses lèvres qu’il finit d’une seule traite, comme un point final qu’il tente de mettre sur ce chapitre.

Ce n’est pas comme s’il avait le droit de lui en dire plus.
Puis même s’il l’avait, il ne se risquerait pas à le faire fuir juste pour se décharger d’un quotidien qu’il aurait sans doute pu s’épargner s’il avait continué ses études à l’époque. Si seulement il n’y avait pas eu cette violence au fond de ses tripes. Cette colère sourde et brûlante. Ce chaos dans lequel il a plongé si jeune et qu’il a choisi d’embrasser, parce que c’était bien plus facile que de tenter de se construire un futur, seul à Cambridge. Où son frère lui manquait à en crever.

“Je te ressers ?”

Il demande en indiquant leurs verres du menton, déjà prêt à bondir de son siège si Kallen répond à l'affirmative. Il s'échappe, là aussi. Il a envie d'être un peu lâche, rien que ce soir.

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Mar 5 Juil - 21:00

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Lorsqu’il se retourne pour l’écouter, il est clair qu’Avis ne s’attendait pas à un renvoie de la question. Il n’a pas l’air à l’aise, mais qui le serait ? Quelque chose est différent par rapport à quand lui s’est confié, pourtant. Ainsi replié sur lui-même, le brun lui paraît plus vulnérable, presque comme un enfant poursuivi par le monstre de son placard. Il admet faire de mauvais rêves aussi et Kallen se demande ce qu’ils peuvent bien contenir. Il a tout de même la décence de ne pas l’interroger là-dessus. Un jour peut-être, mais pas ce soir.

-Je vois ce que tu veux dire.

Sa gorge est encore enrouée d’avoir tant crié et maudit les difficultés de sa vie. Pourquoi lui, et pas un autre ? Il l’a hurlé au ciel, cette question, alors qu’il sait qu’il n’y a pas de réponse. Le sort ne s’acharne sur personne, l’existence n’est parfois qu’un concours de circonstances dégueulasses et il faut apprendre à vivre avec. Kallen essaie, il y a des jours pires que d’autres, des nuits surtout, mais il se sent mieux à présent. Le pyjama sent bon, meilleur que les produits sans parfum qu’utilise sa tante, la chaleur du feu est réconfortante et Avis lui offre une réplique sur laquelle il peut rebondir d’un sourire.

-Petite nature.

Il exagère, et surtout il plaisante, conscient de s’être laissé emporter en mettant les pieds dans le lac. Il a eu de la chance de tomber sur Avis et non les flics, en bout de ligne.

-J’en prendrais bien un autre, ouais.

Le brun se lève d’un bond et Kallen lui tend son verre pour qu’il puisse les resservir. Pendant ce temps, il s'occupe de remettre une bûche dans feu et en songeant qu’il bosse quand même le lendemain, il réalise avoir laissé son portable sur sa table de nuit. Le châtain ne prévoyait pas sortir si longtemps, encore moins passer la nuit ailleurs. Se remettant sur pieds, il pose les mains sur ses reins en se tournant vers la cuisine.

-Je peux emprunter ton téléphone deux minutes ? Histoire de rassurer ma tante. J’ai laissé le mien chez moi.

Un lit vide et le pick-up garé dans l’entrée sans un mot risquent de l’inquiéter, surtout si elle trouve le portable abandonné sur sa table de nuit. Kallen n’a pas pour habitude de découcher, encore moins en partant à pied sans son téléphone, personne ne fait ça.

-Faudrait mettre un réveil aussi, je dois être au port à 9h.

Il aimerait ne pas avoir à se lever. S’enfiler quelques verres de plus et faire la grasse matinée après une bonne nuit de sommeil. Dans un soupir, il dégage la tignasse de son front l’espace d’un instant, ses cheveux y retombant quasi instantanément.

-Tu bosses toi, demain ? Enfin, plus tard. Que je sois pas le seul à souffrir.

L’idée lui fait souffler un rire à travers ses narines. Il serait sans doute plus raisonnable d’aller dormir, mais sa tête est encore trop pleine du sérieux et des émotions de la nuit. Il a besoin de se détendre encore un peu pour fermer l'œil. Penser et parler d’autre chose pour finir de dissiper la tension. Les sujets de conversations ne lui viennent malheureusement pas toujours avec aisance et il laisse son regard errer sur son environnement pour en dénicher un, mais à force d’observer les immenses poutres et les pièces ouvertes, la question coule toute seule sur sa langue.

-C’est un truc de motard au fait, l’aversion des portes ? Même ta douche n’en a aucune.

Il récupère son verre en le remerciant d’un signe de tête et s’assied sur le canapé, amusé du rapprochement.

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Dim 10 Juil - 16:00
En un bond, l’Anglais est debout, prêt à leur préparer une seconde tournée. C’est l’échappatoire parfait, il en a conscience, et rendu près du comptoir il se prend à souffler une longue seconde. Comme pour les forcer à s’échapper, les émotions qu’il retient si bien au fond de son cœur.

À quelques pas de là, Kallen se relève, et du coin de l’œil, il voit ces mains se poser sur ses reins. Lui tirant une moue narquoise.

“Alors grand père, on a mal au dos ?” Balancé avec effronterie. “Ou alors c’est la tête qui suit plus.”

En riant, Avis compose le schéma sur l’écran puis le lui apporte. S’en retournant en quelques enjambées à ses verres qu’il finit de remplir. L’ambre du rhum contrastant agréablement avec la transparence de la vodka.

“Ouais, je bosse. Donc t’inquiète pas pour le réveil.”

Quoique plutôt en soirée.
Il ne précise pas.

Il se contente de revenir vers lui pour lui tendre de nouveau sa boisson, puis se reinstalle sur le fauteuil, les jambes repliées dessus et un coude reposant sur le dossier.

“L’aversion des portes ou le manque de pudeur ?”

Il répond avec malice.
Ils n’ont jamais su être pudiques, Ashley et lui, et Avis n’a aucune gêne à faire tomber les fringues. Ça lui arrive assez souvent, d’ailleurs. Durant les combats. Et les yeux se rivent autant sur l’encre qui danse sur sa peau que sur les coups qu’ils échangent : il ressemble à une toile en mouvement qui s’enrage.

“C’est un truc de moi, je crois bien. Les autres motards que je connais ont des portes chez eux, enfin la plupart.” Un rire s’échappe. “Le manque de pudeur, par contre, c’est clairement de famille.”

Il noie les mots dans une longue gorgée d’alcool en songeant, qu’au moins, son corps n’est pas un secret de plus ajouté à la longue liste de tous ceux qu’il garde si précieusement cachés. Malgré les cicatrices pâles qui courent le long de sa peau à de nombreux endroits. Celle au creux de son aine, laissée par la lame d’un couteau lors d’une bagarre de rue bien des années plus tôt. De légères sur son dos, sur ses bras ou ses jambes, comme autant de souvenirs de la violence dans laquelle il baigne depuis l’adolescence. Ou malgré ces tatouages aux millions de significations et tant pis que ça inquiète, que ça repousse, que ça fascine.

Avis s’en fout.

“Tu vas voir on s’y fait vite.”

Son visage se tourne vers les larges fenêtres derrière lui et durant plusieurs secondes il laisse ses yeux traîner sur la nuit noire et ce ciel où les étoiles se cachent. Avant de revenir les poser sur le visage de Kallen, son sourire taquin plaqué sur sa gueule comme trop souvent.

“Même pour la douche. Après quelques fois tu saisiras tous ses avantages.”

Il ricane.
Avec une pensée pour le sang qui s’y écoule régulièrement. Le sable. Les plaies et les bleus que vient apaiser l’eau brûlante. Ce mur de pierres sombres auquel il s’est accroché déjà tellement de fois pour ne pas s’écrouler après un combat violent. Comme la dernière fois. Ou celui avec le japonais, pour lequel il a tout donné.

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Kallen Galloway

Sam 16 Juil - 16:20

Monsters in the Dark
La remarque le prend de court une fraction de seconde, puis il s’esclaffe en ramenant ses mains devant lui pour se saisir du téléphone.

-Tu veux qu’on parle de ton agilité à grimper à l’arrière d’un pick-up ?

Il baisse les yeux sur l’écran et aperçoit une photo en fond à travers les diverses applications. D’un mouvement du pouce, il les décale pour la voir en entier. Deux têtes brunes similaires, Avis à peine plus grand que son frère qu’il tient par l’épaule, l’autre bras dirigé vers le photographe avec un doigt d’honneur, brandi comme certains offrent un signe de peace. Kallen sourit et appuie sur l’icône de messagerie pour en revenir à l’ordre du jour et envoyer le texto à sa tante.

Elena, c’est Kallen. Mauvaise nuit, désolé pour le désordre dans la salle de bain. Je suis chez un ami, je rentrerai après la journée de boulot demain.

Lorsque Avis revient vers lui, il lui échange le verre contre le portable en le remerciant avant de retourner au salon où il s’étonne un instant de le voir choisir le fauteuil. Il a l’habitude de l’avoir plus près, côte à côte au fond d’une boîte de pick-up ou sur le même canapé à une fête, puis chez lui. C’est stupide, la distance est quasiment la même. Le châtain noie sa pensée dans une gorgée et se concentre sur la discussion.

-Dis-moi au moins que tu fermes ta porte de salle de bain.

Il rit à son tour, pas réellement dérangé par l’idée. Son regard suit celui d’Avis sur les larges fenêtres le long du mur, mais dans la nuit noire elles ne le gênent pas. Beaucoup de gens ont peur du noir, mais pour Kallen l’obscurité a toujours été apaisante. Elle enveloppe, comme les draps d’un lit tirés par-dessus la tête. Puis la lumière du poêle est faible, les voisins ne doivent pas discerner grand chose, en admettant qu’ils ne dorment pas tous à cette heure.

Plus que l’intonation malicieuse dans la voix du brun, c’est l’incompréhension qu’elle suscite dans l’esprit de Kallen qui ramène ses yeux vers lui. Il pourrait questionner la certitude d’Avis de penser qu’il reviendra prendre des douches chez lui, mais son esprit s’arrête plutôt sur les soi-disant avantages de l’absence de porte. Il veut bien croire qu’il y a un gain de temps, mais ça ne fait qu’une seule raison, et au sourire imprimé sur le visage du brun, le sous-entendu n’est clairement pas aussi technique.

-J’espère que tu t’attends pas à ce que je ramène des conquêtes chez toi.

Il n’en ramène déjà pas chez lui.

-À moins que j’aie pas trouvé le bouton pour les hauts parleurs intégrés ?

La perspective de mettre de la musique sous la douche lui redonne le sourire et il se cale plus confortablement sur le canapé, la tête toujours tournée vers Avis. Elle lui plaît, l’idée de revenir ici. De savoir qu’Avis en a envie. Ils se le rendent bien, même si ce n’est jamais prévu. Peut-être que la prochaine fois, ça ne se décidera pas à l’improviste, mais il faut dire que ça non plus, ça ne le dérange pas.

-Tu veux que je te dise un vrai secret ?

Ses yeux restent fixés sur lui, et après une courte pause, il reprend.

-Je pensais rentrer en Alaska ou aller retrouver ma cousine en Californie, mais j'en ai plus tellement envie.

Peut-être que la tête ne suit plus trop en fin de compte, mais c’est pas grave, et il en rit.

Avis Green

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Dim 17 Juil - 19:30
“Ça compte pas. La première fois j’avais beaucoup trop d’alcool dans le sang et la seconde...” Une grimace légère. “Tu sais bien.”

Il fronce les sourcils une seconde comme pour avoir l’air sévère, mais sa bonne humeur lui revient quelques dixièmes de secondes après en entendant le rire de Kallen.

“Ça dépend, c’est pas comme si y avait grand monde pour me mater en dehors de mon frère.” Il hausse les épaules. Puis ricane. “C’est pas ce que je voulais dire.” En passant une main au creux de ses boucles épaisses alors que le rire s’intensifie. “Putain. Mon frère me mate pas sous la douche. Enfin je crois pas.” Il s’écoule une seconde avant qu’il ne revienne au calme mais ses yeux pétillent de cet éclat qui a passé sa bouche. “À part mon frère, personne ne vient ici. C’était le sens de ma phrase.” Et Kallen, maintenant.

Ça lui fait ce truc dans le bide.
Ce truc agréable, qui brûle lentement ses entrailles.
Et qui devient violent, d’un coup, sans qu’il se figure pourquoi, aux mots qu’il prononce.

“Non !” Il gronde presque.

Il grimace, braquant un regard assombrit sur Kallen qui, déjà, enchaîne comme s’il avait pressenti l’orage. Ce tourbillon d’émotions qui le cloue à son siège alors qu’il vide d’une seule traite son verre avec l’espoir de chasser cette colère soudaine qui éclate en lui. Il se sent comme une putain de girouette à ce moment là. Heureux l’instant d’avant, puis l’envie de briser la nuque de ladite potentielle conquête quelques secondes après.

Il tente de desserrer sa mâchoire crispée.
D’inspirer puis expirer longuement.

Et s’il acquiesce, malgré tout curieux quand Kallen lui parle de secret, les aveux qu’il laisse échapper entre eux se plantent dans sa poitrine comme autant de pointes parfaitement aiguisées. La colère grimpe encore d’un cran. Alors qu’égoïste, il refuse de le voir partir. Mais au milieu, pourtant, il sent une lueur de pure satisfaction l’étreindre en songeant qu’il est parvenu à empêcher ce départ à lui seul. Parce que ça ne peut être que ça, non ? Si Kallen prononce ces mots, leurs regards blottis l’un dans l’autre...

L’Anglais reste muet une seconde.
Puis se lève, attrapant clopes et briquet au fond de sa poche pour aller ouvrir la porte fenêtre, à laquelle il s’adosse alors que le bâton de nicotine s’embrase. Il ferme les yeux, au départ. Laissant la nicotine calmer ses nerfs trop à vif depuis son réveil.

“Je veux pas que tu partes non plus, Alaska.” Un sourire triste se dessine autour de la clope sur laquelle il tire longuement. “Vraiment pas.”

La colère est retournée se cacher au fond de ses tripes. En partie. Parce  qu’il y a, durant un instant, ce chaos qui lui hurle de séparer la distance qui les sépare pour plaquer sa bouche sur la sienne et... Avis manque s’étouffer sur sa clope.

“C’est con. L’idée que tu puisses partir, ça me rend dingue en fait.” Il reprend après avoir toussoté quelques secondes. Alors que son regard s’ancre au sien une fois encore, sombre de sérieux. “Tu peux me dire que c'est égoïste, je m'en contrefous. Damn Alaska, je te donnerai toutes les raisons du monde de rester s'il le faut pour être sûr que tu bouges pas ton cul d'ici.”

De Chicago. Peut-être un peu de chez lui. Non, il peut partir tant qu'il y refout les pieds. Tant qu'il apporte son sourire et sa joie de vivre, mais en fait il peut bien venir avec ses peines et ses douleurs aussi, Avis aura toujours un verre d'alcool et une oreille attentive à lui offrir.

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Lun 18 Juil - 0:52

Monsters in the Dark
L’amusement brille dans son regard au souvenir du brun en train de se hisser à l’arrière du pick-up la nuit où ils se sont rencontrés, et qu’Avis justifie par le trop plein d’alcool. Il ne pensait pas à la seconde fois par contre, mais songe à lui demander comment vont ses blessures. Puis il réalise qu'il veut surtout s’assurer que ça ne se reproduira pas. Que le mec qui l’a tabassé ne risque pas de recommencer, mais il ne dit rien, Avis a déjà repris la parole et son esprit bloque sur les mots. Ça doit se lire sur son visage car Avis se dépêche de nuancer ses propos en précisant qu’il n’y a jamais personne dans l’appart à part Ashley et lui. Pas même leur père, ou bien est-ce une façon de lui dire autre chose ? Kallen hésite.

-Personne en sept ans ?

Ashley habite ailleurs, mais Avis vit ici. Avalant une nouvelle gorgée, le regard du châtain scanne l'appartement. Ça lui paraît improbable, comme un tableau avec des objets manquants. Il n’a toutefois pas l’occasion de s’y attarder, la réaction d’Avis prend toute son attention et Kallen s’en veut d’avoir mal compris l'allusion précédente.

-J’allais pas le faire, tente-t-il dans le but d’apaiser la tension.

Mais le silence persiste alors que sa tête se refuse à abandonner sa légèreté retrouvée. Sa langue se délie alors un peu plus et son regard suit la silhouette du brun quitter le fauteuil. Avis ne dit toujours rien et l’ouverture de la porte fait frissonner Kallen au courant d’air. Ce dernier finit le reste de son verre afin d'envoyer une dose supplémentaire de chaleur dans son corps pendant qu’Avis se grille une clope. Du canapé, il tourne son visage vers lui à la tristesse de sa voix. Ne vient-il pas de lui dire qu’il n’a plus envie de partir ? Son verre vide à la main, il attrape celui laissé derrière par Avis et se lève pour le rejoindre.

-T’en fumes combien par jour ?

Il ne s’intéresse pas vraiment à la réponse. Les doigts de sa main libre attrapent la cigarette et la balance dehors avant de le décaler de la porte fenêtre pour la refermer pendant qu’il finit de tousser, mais Avis d’en démord pas, toujours aussi sérieux.

-T’es du genre dramatique, hein ? Un rire affectueux s’échappe de sa poitrine tandis qu’il appuie sa tête contre la vitre, et le haut de ses omoplates ne tarde pas à suivre le mouvement. Je suis en train de te dire que je reste.

Mais il comprend, en un sens. Si Avis décidait de repartir à Londres, lui non plus n'aimerait pas l'idée. Ça lui fait du bien, de parler avec lui. Il a l'impression que ses problèmes ne sont pas si graves et que les choses peuvent, si pas s'arranger, au moins éviter d'empirer. Que c'est réciproque, aussi. Il aurait préféré ne jamais avoir à le tirer de son malaise dans la baignoire, et en même temps il est content d'avoir été là, cette nuit-là. Qu'Avis ne soit pas retrouvé seul. Alors il sourit, le dos tourné à l'obscurité.

-Tu peux me donner une place sur ton canapé jusqu'à demain matin, c'est suffisant.

Ça lui fait quelque chose quand même, qu'Avis lui dise qu'il ne souhaite vraiment pas le voir partir. Que l'idée qu'il disparaisse suscite un peu plus qu'une vague déception.

-Je nous en ressers un dernier ?

Il élargit son sourire en agitant les deux verres devant lui.

-Pour trinquer à l'implantation officielle de mon cul à Chicago.

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Lun 18 Juil - 19:30
Personne en sept ans ? demande Kallen et Avis secoue la tête. Bien sûr il y a eu son père, quelques rares fois, mais souvent c’est plutôt chez lui qu’ils se rendent avec les autres du Clan. Atlas, également, le soir de leur rencontre et un coup avant où Ashley l’avait fait monter. Mais aucun de ces corps d’un seul soir. Aucun de ces prénoms oubliés à l’instant même où ils ont été prononcés. Aucune de ces peaux qu’il serre contre lui juste quelques heures avant de s’enfuir dans la nuit noire.

“J’ai pas beaucoup d’amis.”

Et c’est une sacré vérité dans laquelle se camouflent encore tellement de secrets. Rien que ça c’est une bonne raison pour ne pas en avoir, ne pas avoir à mentir constamment parce qu’il n’a pas le choix.

Puis ça s’enchaîne.
Le rire. Cette chaleur au fond de lui.
La colère qui grimpe si soudainement sans qu’il ne l’ai sentie venir.

En quelques enjambées il est près de la porte fenêtre et l’air frais frappe contre son corps. Et des mots passent ses lèvres, qu’il n’a pas le temps de fermer une dernière fois sur la cigarette que lui arrache Kallen en refermant la baie vitrée. C’est un miracle, presque, s’il ne proteste pas. S’il laisse couler comme si c’était normal en encaissant la question à laquelle il ne répond pas. Il fume trop. Il le sait. Il a augmenté avec les difficultés des semaines passées et c’est presque devenu un réflexe. Une clope quand il est contrarié. Une clope quand il se sent frustré. Une clope dès qu’il sent qu’il peut vriller.

Comment lui expliquer ? Comment lui dire que c’est grâce à ça qu’il a tenu. Grâce aux litres de caféine avalés, aussi. Pour compenser le manque de sommeil et calmer des nerfs plus qu’à vifs de cette situation délicate dont ils auront mis du temps à se tirer. Et après ça, parce que son cerveau voyait dans les ombres des menaces. Dans les bruits de la nuit tout autant de dangers.  

- T’es du genre dramatique, hein ? Kallen rit et les joues d’Avis s’empourprent peut-être un peu. Je suis en train de te dire que je reste.
“Laisse-moi encaisser le fait que tu aies voulu partir.”

Il râle légèrement, mais l’esquisse d’un sourire revient peindre sa bouche et son visage comme un écho à celui qui étire celle de Kallen. Et voilà. L’orage est passé. De même que les pensées peu agréables qu’il abandonne sans une hésitation derrière lui. Il aura tout le temps d’y repenser plus tard, quand les cauchemars se glisseront avec eux dans le creux de son lit.

“J’ai un lit deux places, Kal.” Il rit un peu. “Et je t’interdis de négocier vu les deux nuits qu’on a passé ensemble.” Même si aucune ne lui a déplue. Mais il serait bien qu’ils profitent enfin d’un vrai lit, non ? “Ok pour un dernier.” La nuit est déjà en partie foutue de toute façon. Alors quelques grammes de plus ou de moins... “Je bois toujours trop avec toi.” Il ajoute, taquin.

C’est mieux qu’un commentaire sur son cul, sur lequel il laisse couler le regard alors que le châtain s’éloigne avec leurs verres.

Pendant que Kallen va les servir de nouveau, l’Anglais se dirige vers la chaîne hi-fi. La platine crachote alors qu’il pose le bras de lecture sur le vinyle, mais le son qui s’échappe aussitôt après contrebalance ce léger désagrément alors que les premières notes de Don’t Stop Me Now s’élèvent dans la pièce.

“Tonight...” Les paroles s’élèvent de sa bouche presque par instinct. “I'm gonna have myself a real good time, I feel alive, and the world I'll turn it inside out, yeah”

Comme ce soir là sur scène, il laisse la musique le porter et s’autorise quelques pas de danse, ses anthracites lovées sur Kallen à quelques pas. Un sourire de loup collé sur sa gueule d’ange.

“Je te dois une danse, non ?”

C’était ce qu’il prévoyait, à leur première rencontre, avant que Kallen ne lui fourre un verre de plus dans les mains.

Kallen Galloway

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Lun 18 Juil - 23:52

Monsters in the Dark
Quelque chose ne colle pas. Une ombre au tableau, plutôt qu’une absence. Ça n’a aucun sens qu’il ait si peu d’amis, ils se marrent bien tous les deux. Son esprit lui rappelle alors la soirée chez Lee, mais Avis avait des circonstances atténuantes à ce moment-là, et Aaliyah l’a adoré. Elle le lui a encore dit la semaine dernière et tient à ce que Kallen tienne sa promesse de ramener son pote à la prochaine fête.

Le châtain se demande alors si Avis jette toutes les filles avec la même rudesse que la blonde pendue à son cou au comptoir du Looper. Il a tout ce qu’il faut pour enchaîner les histoires d’un soir, mais soudain ses pensées bifurquent et il réalise toute la portée de la phrase. Kallen se tient là où personne ne vient jamais et une vague d’excitation lui chatouille le creux du ventre, similaire à celle de passer les portes du lycée en dehors des heures de cours. Comme s’il n’était pas vraiment censé être là.

Le visage tourné vers Avis, il le voit se gêner de sa remarque et s’en amuse intérieurement. Au fond, ça le touche de le voir bougonner à l’idée de son départ, même s'il n’est plus d’actualité, et la bonne humeur revient, et avec elle l’information d’un lit deux places. Son expression se fige, un argument s’ajoute et Kallen se dit qu’Avis devrait vraiment penser les phrases dans sa tête avant de les laisser franchir la barrière du son.

-J’ai pas vraiment le choix, on dirait.

À son tour de laisser l'idée faire son chemin et de profiter d’avoir des verres à remplir le temps de l'assimiler.

-Dis plutôt que j’ai une meilleure descente que toi.

Il rend son sourire au brun avant de se diriger vers les bouteilles. Il leur sert la même chose non sans jeter un coup d'œil sur les étiquettes pour comparer les alcools avec ceux de chez lui, ne levant le nez de sa tâche qu’en entendant le grésillement reconnaissable d’un vinyle. Les verres en main, il revient au salon comme les premières notes s’élèvent et plaquent un large sourire sur son visage. S’il pensait retourner sur le canapé profiter de la tranquillité du reste de la nuit un dernier instant, Avis en a décidé autrement et Kallen éclate de rire.

-And floating around in ecstasy.

Le refrain s’enchaîne et Avis entame quelques pas de danse, et parce qu’il le regarde avec le sourire, Kallen ne peut pas s’empêcher de rire encore. Il dépose les verres sur la surface plate la plus proche et revient se poser devant lui.

-Je dirai jamais non à Queen.

Il connaît l’air par cœur. Ses pieds commencent à bouger et le reste de son corps suit le rythme. Le châtain roule des épaules et claque des doigts, porté par l’énergie de la chanson. Son rire résonne entre les couplets, vibrant. Jamais il n’a ressenti les paroles se parer d'autant de justesse. Sa nuit est une montagne russe. Après le froid glacial de l’eau du Michigan, il a chaud et perd son souffle en chantant et rigolant, tapant des mains au lieu de frapper des poings.

-I don't want to stop at all!

Ironique qu’à cet ultime cri du cœur de Mercury, une douce mélodie annonce bel et bien la fin du morceau endiablé. Kallen échange un sourire complice avec Avis et avale une gorgée de son verre pour se rafraîchir tandis que le vinyle envoie le piano de Love of my life. Amusé et sans aucune envie de s'arrêter, encore moins d'aller se coucher, l'adrénaline battant avec force contre ses tempes, l’Américain mime les cordes de la harpe invisible sous ses doigts. Sa tête se balance, puis il lâche son instrument pour attraper le bras d’Avis, ferme les yeux et tourne.

-Love of my life, can't you see? Bring it back, bring it back. Don't take it away from me, because you don't know what it means to me.

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Mar 19 Juil - 16:10
Leurs rires se rejoignent et se confondent aux notes que la platine échappe. Son verre à la main qu’il a récupéré au creux de celle du châtain, Avis avale des gorgées d’alcool sans cesser de danser. Ils ont l’air un peu fou sans doute à rire aux éclats, à chanter en chœur avec Freddie Mercury, mais ça fait du bien. Son verre presque vide en moins de temps qu’il n'en faut pour le dire rejoint la table et l’Anglais se laisse embarquer dans la ronde endiablée de son compagnon durant quelques secondes. Avant de reconnaître la chanson qui vient d’arriver.

Le piano et puis la harpe.

“Love of my life, you’ve hurt me! Come on, Kal, je t’ai promis une vraie danse.”

Il commence en riant et achève sa phrase sur un sourire. Quelques rougeurs de plus sur ses joues, sans doute.

Lorsqu’il arrête de tourner, son estomac se tord doucement.
Lorsqu’il échappe à sa poigne pour attraper Kallen par les hanches et le rapprocher de lui, son souffle se raccourcit.
Lorsqu’il noue ses mains derrière son cou et que ses yeux rencontrent les touches d’or au fond de ce vert doux, son cœur loupe un battement.

“Love of my life, don’t leave me.”

Et lorsqu’il souffle les mots, son sourire évanoui et l'air un peu trop sérieux, il peut presque les sentir s’échouer sur la bouche de Kallen à quelques courts centimètres de la sienne. Son regard ne lâchant pas le sien un simple instant, comme si rompre le contact pouvait mettre fin à ce moment. Il réfléchirait plus tard aux conséquences. À la signification de ce tourbillon au fond de ses entrailles.

“You've taken my love, and now desert me.”

Avec douceur, sa main gauche repousse une mèche châtain de devant ces yeux qu’il ne lâche toujours pas des siens. Elle s’égare certainement sur la pommette. Jusqu’au coin d’une lèvre, avant de retourner à sa position initiale. Contre cette nuque qui était si bien masquée par l’écharpe, ce premier soir.

“Love of my life, can't you see? Bring it back, bring it back...don't take it away from me because you don’t know what it means to me...”

Il bat beaucoup trop vite son cœur et ses lèvres lui paraissent aussi sèches que celles d’un naufragé. Avis sait qu’il devrait s’éloigner. S’enfuir de là parce qu’il a dépassé toutes les barrières qu’il s’était imposé jusqu’à maintenant. Pourtant il reste, peut-être bien à cause de l’alcool qui coule à flot dans ses veines ou parce qu’il a juste besoin de ce moment. De ce corps sous ses mains. Contre le sien.

Il frissonne sans doute un peu.
S’arrache à son regard, finalement, pour venir déposer son visage contre l’épaule de Kallen, le nez effleurant son cou. Avis peut y sentir son odeur et ça lui fout un coup de plus dans le bide. Alors qu’inconsciemment il raffermit sa prise, continuant de les faire danser doucement presque sur place, un pas après l’autre au rythme de la musique qui passe.

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Mar 19 Juil - 23:50

Monsters in the Dark
Il s’accroche en riant, Avis le tenant le temps d’un tour, puis s’arrête en lui jetant un regard interrogateur, sourire aux lèvres. Le brun le tire par la taille et Kallen rigole, la tête légère. Il le suit avec curiosité, mais lorsque les mains quittent ses hanches pour se croiser sur sa nuque, il se sent dégriser en un instant. Son regard se fixe au sien à la recherche d’un éclat de malice annonciateur de plaisanterie, sans le trouver.

Une panique silencieuse se glisse en lui. Avis chante, abandonne son sourire et la gorge du châtain s’assèche aux paroles soufflées si près de ses lèvres. Il voudrait se dire qu’Avis ne peut pas être sérieux, qu’il a trop bu, trop vite. La couleur de ses joues le prouve, seulement le gris de ses yeux est trop clair. Le cœur de Kallen s’affole. Est-ce qu’il a conscience de ce qu’il fait ? De l’effet qu’il lui fait ?

T’as paumé ta rouquine ? Non, laisse-moi deviner. Tu veux une capote.
Tu t’inscris où tu veux, sweetie. Me concernant, tu es déjà oubliée.
Personne en sept ans. J’ai pas beaucoup d’amis.


Bien sûr qu’il sait ce qu’il fait, mais le châtain ne veut pas sacrifier son amitié pour une histoire d’un soir, alors il se promet de tout arrêter après la danse et avale le trop peu de salive sur sa langue avant de poser les mains sur la taille du brun. Leurs corps tanguent doucement et c’est plus facile qu’il ne l’imaginait. Kallen réussit même à s’amuser de la ressemblance de prononciation d’Avis par rapport à celle de Freddie Mercury, mais l’Anglais brouille à nouveau ses pensées en hissant la main vers son front, et comme pour lui donner raison, la mèche qu’il écarte accepte sagement de rester là où l’a mise.

Puis les doigts descendent sur le haut de sa joue et Kallen essaie de toutes ses forces de lire les intentions d’Avis au fond de son regard, mais il ne semble pas attendre de réaction particulière. La caresse se poursuit jusqu’au coin de ses lèvres et l’envie de l’embrasser le démange. C’était à prévoir en le touchant à un pareil endroit, pourtant Kallen se contente de jongler avec l’idée, sachant très bien qu’il n’y cèdera pas. Il ne veut pas se sentir spécial si c’est pour être jeté ensuite, alors il ne prendra que ce qu’Avis lui a promis : la danse, et c’est déjà beaucoup.

La main remonte sur sa nuque et Avis recommence à fredonner. Est-ce que c’est stupide, de vouloir rester son ami ? Ne vient-il pas de lui dire qu’il ferait n’importe quoi pour qu’il reste à Chicago ? Est-ce que c’est le genre de chose qu’on balance à un pote ? Confus, il l’est encore plus du frisson sur le corps du brun. Et s’il se trompait ?

Il ne sait plus, c’est le milieu de la nuit et le garçon avec qui il danse vient de poser la tête sur son épaule. Il le sent respirer contre son cou et sa douceur lui déchire le cœur. Kallen passe ses bras autour de lui et le ramène contre lui, un soupir fuyant entre les lèvres. Il a une pensée pour tous les bleus disparus sur les côtes qu’il serre. Pour la nuit qui les enveloppe encore à la lueur des flammes dissipées sur les braises, et pour la chanson qui s’achève trop vite.

This thing called love,
I just can't handle–


D’une main qui s’est écartée, il lève le bras mécanique au-dessus du vinyle et le silence retombe dans le salon, comme une pierre dans son estomac. Il y a tant de choses qu’il pourrait faire : se frotter les yeux, finir son verre, éteindre le feu. Aller fumer même, au lieu de rester immobile comme un con. Il n'en fait rien.

-On va se coucher ? Qu’il s’entend prononcer au bout d'un moment, sans conviction.

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Mer 20 Juil - 11:30
Si Kallen était l’un de ces corps d’un soir, Avis effleurerait de ses lèvres la finesse de la gorge. Il y ferait glisser la pointe d’une langue et sourirait d’entendre la respiration de son compagnon s’affoler. Sans doute le taquinerait-il du bout des dents juste pour le plaisir de le sentir trembler un peu. Puis tout s’accélèrerait parce que ça n’a jamais été ni doux, ni tendre. Parce qu’il n’y a jamais eu de place pour des sentiments, ces nuits-là.

Et pourtant ils sont là.
Enlacés, et il sent son cœur éclater doucement lorsque Kallen le serre à son tour contre lui comme s’il rendait enfin les armes. Alors ça lui serre la gorge et c’est lui qui tremble très légèrement, incapable de contrôler une émotion grandissante qui fait monter dans ses yeux gris quelques larmes. C’est un drôle de sentiment de se sentir entièrement à sa place. Sans aucune fausse note. De se sentir protégé, comme si plus rien n’allait plus jamais lui arriver. Son corps trouve parfaitement ses marques contre celui de Kallen et il enfonce même davantage le visage auprès de sa gorge. Si seulement l’instant pouvait durer mille an encore. Pourtant il le sait bien, la musique continue son chemin et s’achève finalement, et lorsque le châtain remue, il se dit que ça y est, c’est fini.

Alors pourquoi il ne s’écarte pas ?
Pourquoi Kallen garde un bras enroulé autour de lui ?

Il l’entend vaguement relever le bras de lecture et la musique suivante se stoppe. Il n’y en aura eu que les premières secondes. Comme s’il tentait de faire durer le moment juste un peu plus longtemps. Avis soupire doucement. Sa poigne autour de la nuque de Kallen refusant de se relâcher, même alors qu’il entend après un certain moment ces mots prononcés avec trop peu de conviction.

“Encore quelques secondes...”

Il murmure contre lui. Et il essaye de se faire violence avant que ça ne devienne gênant pour s’arracher à lui mais il lui faut ces quelques secondes de plus réclamées pour y parvenir. Lorsqu’il le fait, c’est sans parvenir à sourire et son visage paraît d’un coup bien plus jeune. Presque vulnérable alors qu’il s’en est entièrement remis à Kallen ces quelques minutes de sa vie.

C’est la première fois.
La première fois qu’il s’abandonne comme ça, en pleine confiance, contre quelqu’un qui n’est pas son frère. Bien sûr, l’alcool aide, pourtant l’ivresse ne l’a jamais poussé à baisser sa garde parce qu’être trop en confiance c’est laisser la porte ouverte au danger quel qu’il soit.

Pourquoi ce soir ?
Parce qu’ils sont chez lui ?
Parce que c’est Kallen, lui souffle une voix au coin de son esprit. Kallen qui le découvre un peu plus chaque fois qu’ils se rencontrent. Kallen qui se dévoile au fur et à mesure. Kallen qu’il commence doucement à connaître alors qu’il n’a connu personne, réellement, depuis trop de temps. Parce que c’est plus facile de se tenir à l’écart des gens quand on a tous ces secrets en soi.

Un instant de plus passe. Avis garde les yeux braqués sur lui sans savoir quoi dire et l’inquiétude brise un instant son visage. Bien loin de sa confiance habituelle. À mille lieues de toute arrogance. Il ne trouve pas de place à l’humour et son cœur bat encore bien trop vite. Il déglutit presque difficilement, tandis que le monde se remet doucement en marche autour de lui.

“La chambre est au bout du couloir, à côté de la salle de bain...” Il commence finalement. “Tu peux aller te coucher, il y a ce qu’il faut. Je vais juste passer à la douche avant.”

Il se détourne finalement. Ramasse son verre et s’apprête à le ramener à la cuisine, mais se stoppe. Tournant la tête vers lui, un sourire léger revenu ourler le coin de sa bouche.

“Merci pour la danse.”

Il aimerait lui dire tout ce qui court au fond de son cœur. À quel point il s’est senti protégé du reste du monde. Mais peut-on dire ça à un ami ? Est-ce que c’est vraiment un ami, si on a songé à l’embrasser ?

Kallen Galloway

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Kallen Galloway
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Kallen Galloway

Mer 20 Juil - 19:40

Monsters in the Dark
On n’a pas ce cran-là, en Alaska. Celui de passer ses bras autour du cou d’un garçon, quand on en est un soi-même. Kallen voudrait le remercier de lui avoir au moins offert ça. Ce n’est pourtant pas ce qui sort de sa bouche, et au lieu de se dévoiler, il s’enlise. Son pouls s’agite du frisson qui a dégringolé le long de sa nuque au soupir lâché contre sa gorge, et l’idée qu’Avis puisse percevoir des réactions aussi infimes sur son corps lui rajoute une dose de nervosité dans les veines. Il devrait entamer un mouvement de recul, retirer son deuxième bras et rétablir une distance raisonnable entre eux, mais Avis lui demande quelques secondes de plus et sa maigre résolution lui glisse entre les doigts.

Alors il essaie d’empêcher ses pensées de s’éparpiller. De ne pas s’attarder sur la chaleur de la voix contre sa peau, ni la douceur des boucles brunes à la lisière de son visage. Kallen refuse de chercher un sens à l’étreinte, il lui permet seulement de se prolonger jusqu’à ce qu’Avis s’éloigne, mais un vide résonne contre son torse à son départ. La sensation est fugace, comme s’il suffisait d'autoriser le retour de la distance pour qu’elle s’estompe. Les bras du châtain retombent sans même savoir comment il a retrouvé le regard d’Avis aussi vite, mais il ne réussit pas à sourire lui non plus. N’y pense même pas, en réalité.

L’inquiétude déforme les traits du brun et le sentiment d’avoir mal agi s’empare de lui. Peut-être aurait-il dû réfléchir un peu plus à ses gestes avant de les poser, mais à quoi s’attendait-il ? Il n’ose pas se poser la question, de peur de risquer le retour d’équilibre entre eux. Face à son silence, Avis se décide à lui indiquer où se trouve la chambre, pour qu’il puisse aller se coucher. Lui n’y va pas tout de suite, et même ça Kallen ne sait pas quoi en penser, alors il n’en dit rien.

-Ok, merci.

Ses deux verres ne lui font plus aucun effet et une partie de lui le regrette. Il aimerait ne pas avoir à se faire du souci pour le dos qui se referme sur lui comme une porte dans cet appartement où elles ont si peu leur place, incertain que l’alcool soit réellement en mesure de l’aider à trouver les bons mots pour le rassurer sur la crainte qui a traversé son visage. Alors à la suite d'Avis, Kallen récupère son verre à moitié plein, toujours aussi ébahi de la vitesse avec laquelle il retrouve son regard depuis deux minutes. Le brun lui offre un mince sourire, mais lui rendre la pareille sonnerait faux. Avis le remercie déjà pour une danse que lui-même lui devait, et ce n’est pas juste. Honteux, il plonge les yeux au fond de son verre. Les reflets transparents de la vodka miroitent à la surface du liquide, et pour une fois l’alcool lui donne un vrai coup de pouce en lui renvoyant une perspective depuis le tout début, sur la berge du lac.

-Merci pour la nuit.

Il relève la tête vers lui, sincère. Kallen sait qu’il ne l’oubliera pas, pour des raisons qu’il se garde de partager, et laisse Avis rejoindre la salle de bain après un passage rapide à la cuisine. Désormais seul au salon, le châtain souffle et se tourne vers le poêle, vérifie que la porte est bien fermée, éteint la chaîne hi-fi et va jeter le reste de son verre dans l’évier. Il range également les bouteilles dans leur placard avant d’emprunter le couloir vers la chambre, ralentissant devant la salle de bain. Il ne sait pas pourquoi il fait ça, peut-être juste pour s’assurer que tout va bien avec le bruit de l’eau qui coule.

Quand il entre enfin dans la chambre, sa main tâtonne le mur pour trouver un interrupteur et au second essai les lampes au-dessus des tables de nuit s’allument. Satisfait, Kallen s’avance vers le lit et constate le côté gauche défait près de la fenêtre. Il opte donc pour le droit, tirant les draps pour s’y glisser en observant la pièce. Sans grande surprise, parce qu’il les a sentis sous ses pieds en marchant, les tapis retiennent son attention alors qu’il s’installe. Sur son flanc gauche, il réalise tourner le dos à Avis et change de position pour lui faire face. Ça lui paraît plus poli.

La tête sur l’oreiller, il ferme les yeux en attendant le retour du brun. À un moment, il croit entendre l’arrêt de la douche et revoit les pluies d’octobre où les nuits sont plus sombres, au nord. Il se demande quel temps il fait à Chicago, en octobre. Ils pourraient faire un feu sur la plage en automne, s’il ne pleut pas trop. Peut-être qu’en ses sept ans aux États-Unis, Avis n’a pas encore goûté à un s'more. Un vague sourire étire paresseusement le coin de ses lèvres. Ouais, ce serait pas mal, des s’mores et du thé autour d’un feu de camp.

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